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Électricité et transports au menu du gouvernement

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Le gouvernement libanais a consacré sa réunion ministérielle hebdomadaire à trois dossiers directement liés aux services publics et aux relations économiques régionales : l’augmentation de l’alimentation électrique pendant l’été, le suivi de la visite du premier ministre Nawaf Salam en Turquie et les premiers résultats du déplacement du ministre de l’Économie et du Commerce en Syrie. Réuni sous la présidence du chef du gouvernement, le cabinet restreint a demandé aux ministres concernés de poursuivre les contacts engagés avec Ankara et Damas. Les discussions ont porté sur l’électricité au Liban, les infrastructures, la réactivation de liaisons ferroviaires, les investissements turcs, la révision des accords libano-syriens et l’amélioration du fonctionnement des passages frontaliers. Le ministre de l’Information, Paul Morcos, a présenté ces trois axes après la réunion. Il a aussi rappelé la position défendue par Nawaf Salam en Turquie : le Liban entend conserver l’indépendance de sa décision dans les négociations et réclame une accélération du retrait israélien.

Trois dossiers au menu du rendez-vous hebdomadaire

Le premier ministre a réuni lundi plusieurs membres du gouvernement dans le cadre du rendez-vous ministériel organisé au début de chaque semaine. Cette formule permet au cabinet de suivre des dossiers qui mobilisent plusieurs administrations sans attendre une réunion complète du Conseil des ministres. Paul Morcos a indiqué que les participants avaient concentré leurs échanges sur trois sujets et sur les suites opérationnelles à leur donner.

Le premier concernait la production et la distribution d’électricité pendant la période estivale. Le deuxième portait sur les résultats de la visite de Nawaf Salam en Turquie, avec un volet politique et plusieurs projets économiques. Le troisième était consacré au déplacement du ministre de l’Économie et du Commerce en Syrie, présenté par le chef du gouvernement comme la poursuite du travail engagé avec Damas après la relance de la commission commune.

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La réunion n’a pas débouché sur l’annonce d’un calendrier détaillé pour chacun de ces projets. Elle a toutefois fixé une méthode. Les ministres libanais devront reprendre les dossiers avec leurs homologues étrangers, chacun dans son domaine. Les administrations concernées devront également examiner les textes existants, identifier les obstacles techniques et préparer les décisions qui relèvent du gouvernement.

Cette organisation montre que les déplacements officiels ne doivent pas rester limités à des déclarations générales. Le premier ministre demande désormais un suivi sectoriel. Les ministères de l’Énergie, des Travaux publics, de l’Économie, du Commerce et des Transports figurent parmi les acteurs directement concernés par les pistes évoquées.

L’électricité au Liban au centre de la réunion

Le renforcement de l’alimentation électrique durant l’été a constitué le premier sujet abordé. Le gouvernement n’a pas communiqué, à l’issue de la réunion, le nombre d’heures supplémentaires qu’il souhaite fournir ni les moyens financiers retenus. Il a annoncé l’étude des solutions disponibles pour améliorer la desserte pendant une période où la consommation augmente avec les fortes chaleurs, l’utilisation de la climatisation et l’activité touristique.

Le dossier implique plusieurs contraintes. Toute augmentation de la production exige un approvisionnement suffisant des centrales, des crédits disponibles et une capacité technique du réseau à transporter l’électricité. Elle suppose également une coordination entre le ministère de l’Énergie et de l’Eau, Électricité du Liban et les autres services chargés de l’exploitation des installations.

La réunion ministérielle a placé l’urgence estivale avant les projets régionaux de plus long terme. Le gouvernement doit d’abord déterminer les mesures immédiatement applicables. Il lui faut ensuite examiner les options qui peuvent réduire durablement les coupures et diversifier les sources d’approvisionnement. Le compte rendu ne précise pas si de nouveaux achats de carburant, des contrats temporaires ou des mesures de gestion de la demande ont été discutés.

L’amélioration de la fourniture publique reste aussi liée aux recettes d’Électricité du Liban, à la collecte des factures et à la réduction des pertes. Ces questions ne figuraient pas dans le communiqué détaillé par Paul Morcos. Elles devront néanmoins être prises en compte si le gouvernement veut éviter qu’un renforcement ponctuel pendant l’été ne soit suivi d’une nouvelle baisse de la production.

Un projet de liaison entre la Turquie, la Syrie et le Liban

La visite de Nawaf Salam en Turquie a permis de remettre sur la table un projet de connexion électrique entre les trois pays. Le premier ministre a évoqué avec le président Recep Tayyip Erdogan un raccordement passant par la Syrie. Un tel dispositif viserait à acheminer de l’électricité vers le Liban à partir du réseau turc, sous réserve de la disponibilité des lignes et d’un accord entre les trois gouvernements.

Le projet nécessite un examen technique approfondi. Les équipes devront évaluer l’état des infrastructures sur le territoire syrien, les capacités d’interconnexion et les travaux nécessaires jusqu’au réseau libanais. Elles devront aussi déterminer les quantités disponibles, le coût de l’électricité, les frais de transit et les modalités de paiement.

Aucune date de mise en service n’a été annoncée. Le dossier reste donc au stade du suivi politique et technique. Le gouvernement libanais veut néanmoins utiliser la reprise des échanges avec Ankara et Damas pour étudier une solution régionale. Celle-ci ne remplacerait pas les centrales libanaises, mais pourrait compléter la production nationale si les conditions de transport et de financement sont réunies.

Les ministres compétents devront désormais établir des contacts directs avec leurs homologues turcs. Le ministère libanais de l’Énergie sera chargé d’examiner la faisabilité du raccordement. D’autres administrations interviendront pour les accords de transit, les garanties contractuelles et les opérations financières nécessaires à un éventuel achat d’électricité.

Des obstacles techniques et contractuels à régler

La traversée du territoire syrien place Damas au centre du projet. Le Liban et la Turquie ne peuvent pas mettre en place cette connexion sans un accord tripartite sur l’utilisation du réseau. Les trois parties devront définir leurs responsabilités en cas de panne, de perte sur les lignes ou d’interruption de l’approvisionnement.

Les conditions de sécurité des infrastructures devront également être examinées. Les lignes électriques qui traversent plusieurs régions ont besoin d’entretien, de protection et de réparations régulières. Les techniciens devront établir un état précis des équipements avant de fixer un volume de transit.

Le financement constitue un autre point à régler. Le gouvernement libanais devra connaître le prix final du kilowattheure livré à la frontière, puis calculer son coût après transport et distribution. Les négociations devront préciser la devise de paiement, les garanties demandées et la durée d’un éventuel contrat.

La réunion de lundi n’a pas tranché ces questions. Elle a donné mandat aux ministres pour poursuivre le travail. Les premiers résultats attendus seront donc des études de faisabilité, des réunions techniques et, le cas échéant, un projet d’accord soumis aux gouvernements concernés.

Salam réaffirme l’indépendance de la décision libanaise

Le volet politique de la visite en Turquie a aussi été présenté aux ministres. Nawaf Salam a affirmé que le Liban conserverait l’indépendance de sa décision dans les négociations. Cette position vise à rappeler que les discussions engagées par Beyrouth doivent être conduites par les institutions libanaises et selon les intérêts définis par l’État.

Le chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité d’accélérer le retrait israélien. Cette demande s’inscrit parmi les priorités défendues par les autorités libanaises dans leurs contacts internationaux. Ankara a ainsi été appelée à soutenir la position de Beyrouth et les efforts destinés à mettre fin à la présence israélienne dans les zones concernées.

Paul Morcos n’a pas détaillé la réponse turque sur ce point. Son compte rendu montre cependant que la visite ne s’est pas limitée aux projets économiques. Elle a associé les questions de souveraineté et de sécurité aux discussions sur l’énergie, les transports et les investissements.

Le gouvernement souhaite maintenir cette double approche. Il recherche des appuis diplomatiques tout en ouvrant des dossiers économiques concrets. Les ministres doivent maintenant transformer les échanges politiques en contacts administratifs, notamment pour les projets nécessitant l’intervention de plusieurs pays.

Le chemin de fer du Hedjaz revient dans les échanges

Le premier ministre s’est aussi intéressé à un mémorandum d’entente conclu entre la Turquie et l’Arabie saoudite au sujet du chemin de fer du Hedjaz. Il a abordé la possibilité de réactiver deux liaisons concernant directement le Liban : Tripoli-Homs et Beyrouth-Damas.

Ces axes ferroviaires ne peuvent pas être remis en service par une simple décision politique. Les voies, les gares, les emprises et les équipements doivent être évalués. Une partie des infrastructures n’est plus opérationnelle depuis longtemps. Les autorités devront donc déterminer les tronçons existants, ceux qui nécessitent une reconstruction et les terrains dont le statut doit être clarifié.

La liaison Tripoli-Homs pourrait offrir un débouché au port de Tripoli et faciliter le transport de marchandises vers la Syrie. La ligne Beyrouth-Damas permettrait de rétablir une connexion ferroviaire entre les deux capitales. Dans les deux cas, le projet suppose une coopération étroite entre les administrations libanaises et syriennes, ainsi qu’un financement important.

L’intérêt exprimé par Nawaf Salam ne constitue pas encore une décision de lancement. Il place toutefois le rail parmi les dossiers que le Liban veut examiner avec ses partenaires. Le suivi devra être assuré par les ministères des Travaux publics et des Transports, avec les organismes chargés des chemins de fer et des ports.

Des liaisons à inscrire dans une stratégie de transport

La réactivation des lignes pourrait servir plusieurs usages. Le fret permettrait de transporter des produits agricoles, industriels et des matériaux. Le trafic de voyageurs pourrait être étudié dans une phase ultérieure, selon l’état des infrastructures, les contrôles frontaliers et les besoins recensés.

Le gouvernement devra choisir entre une restauration complète des anciennes voies et la création de nouvelles sections répondant aux normes actuelles. Il devra aussi décider du mode d’exploitation, des tarifs et de la répartition des revenus entre les pays traversés.

Les procédures douanières devront être adaptées au transport ferroviaire. Les cargaisons ne peuvent pas rester bloquées à chaque frontière pendant de longues périodes. Les autorités devront prévoir des systèmes de contrôle, des documents communs et des mécanismes de suivi des marchandises.

Aucune estimation financière n’a été communiquée lors du point de presse. Les ministres sont donc encore attendus sur les études préliminaires. Celles-ci devront préciser le coût, la durée des travaux et les partenaires susceptibles de participer au financement.

Les investissements turcs ciblent les infrastructures

Nawaf Salam a également discuté des investissements turcs au Liban, particulièrement dans le secteur des infrastructures. Le gouvernement cherche à attirer des entreprises capables de participer à des projets de transport, d’énergie, de construction ou de services publics.

Le compte rendu ne cite pas de contrat signé ni de montant engagé. Il signale un intérêt et l’ouverture d’un suivi entre ministères. Les responsables libanais devront présenter des projets définis, accompagnés de conditions juridiques et financières claires. Les investisseurs devront connaître les règles d’appel d’offres, les garanties et les délais administratifs.

Le gouvernement veut aussi relancer l’accord de libre-échange entre le Liban et la Turquie. Cette démarche nécessitera un examen des échanges actuels, des droits de douane et des secteurs exposés à une concurrence accrue. Les importateurs peuvent bénéficier d’une réduction des obstacles, tandis que les producteurs libanais demanderont des garanties sur l’accès au marché turc.

Les ministres devront donc consulter les acteurs économiques. Les chambres de commerce, les industriels, les agriculteurs et les entreprises de transport seront directement concernés. La relance d’un accord commercial ne peut produire des résultats équilibrés que si les règles d’origine, les normes et les procédures douanières sont clairement établies.

La visite en Syrie produit un premier suivi ministériel

Le troisième dossier concernait le déplacement du ministre de l’Économie et du Commerce en Syrie. Nawaf Salam a estimé que cette visite commençait à produire des résultats concrets. Elle intervient après son propre déplacement à Damas et après le lancement d’une commission libano-syrienne commune.

Le ministre de l’Économie a indiqué que quarante-deux accords existent entre le Liban et la Syrie. Ces textes doivent maintenant être réexaminés par les ministres compétents. Chaque membre du gouvernement étudiera ceux qui relèvent de son secteur afin d’identifier les dispositions encore applicables, celles qui doivent être modifiées et celles qui ne correspondent plus aux besoins actuels.

Cette révision couvre potentiellement de nombreux domaines. Les accords peuvent concerner le commerce, les transports, l’agriculture, l’énergie, les passages frontaliers ou la coopération administrative. Le gouvernement n’a pas publié la liste complète lors du point de presse. Il a toutefois choisi une méthode sectorielle plutôt qu’un examen global confié à un seul ministère.

Le travail de la commission commune devra s’appuyer sur ces évaluations. Les ministres pourront proposer la réactivation de certains textes, la négociation d’avenants ou leur remplacement par de nouveaux accords. Les décisions finales devront suivre les procédures juridiques prévues dans chaque pays.

Quarante-deux accords à passer en revue

Le nombre annoncé montre l’étendue du cadre bilatéral accumulé au fil des années. Il ne signifie pas que les quarante-deux accords sont tous appliqués. Certains peuvent être suspendus, incomplets ou dépassés. D’autres peuvent nécessiter la désignation de commissions techniques qui ne se sont plus réunies.

La révision devra commencer par un inventaire précis. Chaque ministère devra vérifier la date du texte, son objet, son état d’exécution et les obligations qu’il crée. Il devra aussi déterminer si des changements législatifs ou administratifs intervenus depuis sa signature empêchent son application.

Le ministère de l’Économie devra suivre les accords commerciaux et les règles de circulation des marchandises. Le ministère des Travaux publics examinera les transports et les infrastructures. Les ministères de l’Agriculture et de l’Énergie interviendront sur les dossiers relevant de leurs compétences.

Le gouvernement devra ensuite établir des priorités. Les textes susceptibles d’améliorer rapidement les échanges pourront être traités en premier. Les accords qui engagent des dépenses importantes ou des réformes complexes demanderont davantage de temps. Les prochaines réunions ministérielles devraient permettre de suivre l’avancement de cet inventaire.

Le passage de Masnaa parmi les priorités

Le ministre de l’Économie a également abordé en Syrie le fonctionnement des passages frontaliers, notamment celui de Masnaa. Les discussions ont porté sur la révision des procédures portuaires, routières et administratives afin de faciliter la circulation.

Masnaa constitue un point essentiel pour les mouvements entre Beyrouth et Damas. Les délais de contrôle, les documents exigés et la coordination entre services influencent directement le coût du transport. Une procédure longue augmente les dépenses des entreprises et ralentit la livraison des marchandises.

Les autorités doivent cependant concilier la fluidité avec les impératifs douaniers et sécuritaires. La simplification ne signifie pas la suppression des contrôles. Elle peut passer par une meilleure coordination des horaires, la numérisation des documents, la réduction des formalités répétitives et l’échange d’informations entre les administrations.

Le terme de procédures portuaires mentionné dans le compte rendu renvoie aussi au traitement des marchandises qui transitent par les ports libanais avant de rejoindre la Syrie. Les deux pays peuvent chercher à harmoniser les formalités entre l’arrivée au port et le passage de la frontière terrestre. Cette coordination intéresse particulièrement les transporteurs et les importateurs.

Faciliter les échanges sans relâcher les contrôles

Une amélioration du passage de Masnaa demanderait des décisions concrètes. Les gouvernements pourraient créer des équipes communes de suivi, fixer des délais indicatifs et mettre en place des guichets dédiés au fret. Ils pourraient aussi revoir les documents exigés pour éviter que les mêmes informations soient demandées plusieurs fois.

Le traitement des camions doit également être organisé. Les files d’attente, les contrôles successifs et les horaires différents entre les deux côtés peuvent ralentir la circulation. Une coordination opérationnelle permettrait de réduire ces blocages sans diminuer les vérifications.

Les entreprises attendront surtout une application régulière des règles. Des procédures claires perdent leur efficacité si elles changent sans préavis ou si leur interprétation varie selon les services. Le suivi ministériel devra donc inclure les administrations présentes sur le terrain.

Aucune nouvelle mesure n’a été annoncée immédiatement après la réunion. Les échanges engagés en Syrie doivent désormais être traduits en propositions. Les premiers indicateurs seront la tenue de réunions techniques, la publication de nouvelles procédures et une évolution mesurable des délais au passage frontalier.

Une même méthode pour trois chantiers

Les trois dossiers examinés présentent des calendriers différents. L’électricité exige des réponses rapides pour la saison estivale. Le raccordement régional et les liaisons ferroviaires demandent des études et des accords entre plusieurs États. La révision des relations économiques avec la Syrie passe par un travail administratif sur des dizaines de textes.

Le gouvernement a choisi de confier la suite aux ministres sectoriels. Cette méthode vise à éviter que les annonces faites pendant les visites officielles restent sans application. Elle impose toutefois un suivi régulier, des échéances et une coordination depuis la présidence du Conseil.

Paul Morcos n’a annoncé ni comité nouveau ni date pour une prochaine évaluation publique. Le rendez-vous hebdomadaire peut néanmoins servir à demander des comptes aux ministères. Chaque responsable devra indiquer les contacts établis, les documents reçus et les difficultés rencontrées.

Les prochains développements devraient d’abord concerner les mesures estivales sur l’électricité, puis les échanges techniques avec Ankara et Damas. Le gouvernement attend également l’inventaire des quarante-deux accords libano-syriens et des propositions sur Masnaa, tandis que les projets de raccordement électrique et de réactivation ferroviaire restent soumis à des études encore à lancer.

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