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Zone pilote : Israël tire près de l’armée libanaise

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L’armée libanaise a accusé les forces israéliennes d’avoir ouvert le feu à proximité de ses unités pendant leur déploiement à Zoutr el-Gharbiyé, dans le caza de Nabatiyeh. L’incident s’est produit mardi 21 juillet, au moment où les militaires libanais entraient dans la localité après l’annonce d’un retrait israélien. Zoutr el-Gharbiyé fait partie des trois villages retenus pour lancer le programme des zones pilotes dans le sud du Liban, avec Fron et Srifa. Le commandement de l’armée estime que les tirs israéliens risquent d’entraver directement l’application de ce dispositif. Celui-ci doit permettre un retrait progressif des forces israéliennes, suivi du déploiement de l’armée libanaise, de la sécurisation des localités et du retour des habitants. L’incident révèle toutefois, dès la première journée, l’écart entre l’accord politique et la situation militaire sur le terrain.

Des tirs israéliens pendant l’entrée de l’armée

Le commandement de l’armée libanaise a annoncé que les forces israéliennes avaient tiré à proximité de ses unités au moment de leur déploiement à Zoutr el-Gharbiyé. Il a qualifié l’incident d’agression susceptible d’entraver les étapes prévues dans les zones pilotes.

L’armée n’a pas signalé de mort ou de blessé dans son communiqué. Elle n’a pas précisé la nature des armes utilisées, le nombre de tirs ou la distance exacte entre les impacts et les soldats libanais.

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L’absence de victime ne réduit pas la portée de l’incident. Les unités libanaises entraient dans un secteur dont le transfert devait avoir été coordonné avec les forces israéliennes, sous la supervision du Groupe de coordination militaire pour le Liban.

Les tirs montrent que le passage de relais n’était pas entièrement sécurisé. Ils ont exposé les soldats libanais au risque d’une confrontation directe avec une armée qui venait d’annoncer son retrait de la localité.

Les premières informations disponibles ne précisent pas si le déploiement a été interrompu. Elles n’indiquent pas non plus si les forces israéliennes ont fourni une explication aux médiateurs américains ou au mécanisme militaire chargé d’encadrer l’opération.

L’incident intervient alors que le déploiement de Zoutr el-Gharbiyé devait constituer la première application visible de l’accord conclu sous médiation américaine. Il transforme cette étape en test immédiat pour la capacité des parties à respecter les mouvements convenus. (⁠Reuters)

Zoutr el-Gharbiyé, première localité reprise

Mardi matin, des unités de l’armée libanaise ont commencé à entrer à Zoutr el-Gharbiyé après le retrait annoncé des forces israéliennes. Les soldats devaient prendre position, inspecter les routes et rechercher les munitions non explosées.

L’armée a demandé aux habitants de ne pas regagner immédiatement le village. Cette consigne vise à laisser aux équipes du génie le temps d’examiner les bâtiments, les terrains et les axes de circulation.

Le danger reste important dans une localité marquée par les bombardements et les opérations terrestres. Des obus, des mines ou d’autres engins peuvent se trouver dans les maisons, sur les routes ou dans les terres agricoles.

Selon le président de la municipalité, plus de la moitié du village a été détruite. Les habitants doivent donc attendre à la fois la fin des inspections militaires et une première évaluation de l’état des habitations.

Le déploiement libanais ne signifie pas encore que la zone est ouverte aux civils. Il correspond à la première étape d’un processus qui doit inclure la sécurisation, le déblaiement, le rétablissement des services et la préparation du retour.

La situation reste compliquée par la présence israélienne dans les secteurs voisins. Zoutr el-Charqiyé, située sur l’un des principaux axes d’accès, demeure au cœur des préoccupations locales. Des responsables municipaux avaient déjà averti qu’un retour sûr à Zoutr el-Gharbiyé resterait difficile tant que les forces israéliennes contrôleraient les routes environnantes.

Une zone pilote lancée dans trois villages

Les États-Unis ont annoncé lundi 20 juillet le début des opérations pilotes à Fron, Srifa et Zoutr el-Gharbiyé. Ces localités doivent servir de première application à l’accord-cadre signé le 26 juin.

Le programme prévoit un retrait israélien par étapes. L’armée libanaise doit se déployer parallèlement dans les secteurs évacués et y exercer un contrôle sécuritaire exclusif.

Elle doit aussi rechercher les armes et infrastructures appartenant aux groupes non étatiques. Cet aspect concerne directement le Hezbollah, même si le mouvement n’a pas participé à l’accord et le rejette.

Une fois le contrôle libanais vérifié, les habitants doivent pouvoir revenir. Les travaux de reconstruction doivent ensuite commencer avec un soutien international.

Le dispositif concerne un espace fortement détruit au sud du Litani. Des dizaines de villages ont subi des dommages majeurs et des dizaines de milliers d’habitants restent déplacés.

Fron et Srifa présentent une situation différente de celle de Zoutr el-Gharbiyé. L’armée libanaise était déjà présente dans ces deux localités avant l’annonce officielle du lancement des zones pilotes.

À Zoutr el-Gharbiyé, le déploiement dépendait directement d’un retrait israélien. La localité constitue donc le premier véritable test du transfert de contrôle prévu par l’accord.

Le premier test tourne immédiatement à l’incident

Le programme devait montrer que les forces israéliennes pouvaient quitter une zone et laisser l’armée libanaise y entrer sans confrontation. Les tirs signalés mardi fragilisent cette démonstration.

Le problème ne tient pas seulement au risque subi par les soldats. Il concerne la fiabilité de la coordination militaire. Les horaires, les routes et les positions devaient être connus des parties.

Si les unités israéliennes ignoraient l’arrivée de l’armée libanaise, le mécanisme a connu une défaillance grave. Si elles connaissaient ce mouvement, les tirs apparaissent comme une tentative d’intimidation ou d’entrave.

Dans les deux cas, l’incident exige une clarification. Le Groupe de coordination militaire doit établir l’emplacement des forces, l’origine des tirs et la raison pour laquelle ils ont été déclenchés.

Le Liban doit aussi obtenir la garantie que ses unités pourront poursuivre leurs missions sans être prises pour cible. Sans cette garantie, chaque nouveau déploiement exposera les soldats à un incident similaire.

Les zones pilotes reposent sur une succession d’étapes vérifiées. Une imprécision sur une carte ou un mouvement non coordonné suffit à retarder l’ensemble du calendrier.

L’incident de Zoutr el-Gharbiyé ne constitue donc pas un détail opérationnel. Il touche directement le mécanisme choisi pour étendre le contrôle de l’État libanais dans le Sud.

Une présence israélienne toujours étendue dans le Sud

Les zones pilotes ne concernent qu’une partie limitée du territoire occupé. Israël maintient ses forces dans une bande qu’il présente comme une zone de sécurité d’environ dix kilomètres de profondeur le long de la frontière.

Le Liban demande un retrait complet et considère cette présence comme une occupation. Israël affirme qu’il ne quittera pas entièrement le territoire tant que le Hezbollah conservera ses armes et ses infrastructures militaires.

Cette divergence reste au cœur des négociations. Beyrouth veut que le retrait israélien permette à son armée de se déployer. Israël veut conditionner son retrait aux résultats obtenus contre le Hezbollah.

Les zones pilotes tentent de concilier ces deux positions par une mise en œuvre progressive. Une localité est transférée, puis inspectée et placée sous le contrôle de l’armée libanaise.

Le processus doit ensuite être reproduit dans d’autres secteurs. Aucun calendrier complet du retrait israélien n’a toutefois été rendu public.

La présence de forces israéliennes près de Zoutr el-Gharbiyé limite déjà la portée du transfert. L’armée libanaise peut contrôler l’intérieur du village tout en restant exposée à des unités installées sur les hauteurs ou les routes voisines.

Cette situation entretient une souveraineté partielle. Elle permet à Israël de quitter une localité tout en conservant la capacité d’intervenir militairement dans son environnement immédiat.

Le déploiement lié à la visite de Joseph Aoun

L’incident s’est produit le jour de la rencontre prévue entre le président libanais Joseph Aoun et son homologue américain Donald Trump à Washington.

Cette visite donne au déploiement une forte dimension diplomatique. Joseph Aoun cherche à obtenir une pression américaine en faveur d’un retrait israélien et un soutien accru à l’armée libanaise.

La Maison-Blanche veut, de son côté, présenter les zones pilotes comme le début d’une application concrète de l’accord signé en juin.

Le déploiement à Zoutr el-Gharbiyé devait donc fournir un premier résultat au moment de la rencontre entre les deux présidents.

Les tirs israéliens compliquent ce message. Ils montrent que le retrait ne se déroule pas de manière fluide et que l’armée libanaise reste exposée même lorsqu’elle applique le mécanisme soutenu par Washington.

Joseph Aoun peut utiliser cet incident pour demander des garanties plus strictes. Il peut notamment réclamer un contrôle américain plus direct des horaires, des cartes et des mouvements israéliens.

Le président libanais doit aussi obtenir des moyens supplémentaires pour l’armée. Le déploiement dans des villages détruits nécessite des équipes du génie, du matériel de déminage, des véhicules et des capacités de surveillance.

La rencontre à Washington intervient ainsi au moment où la crédibilité du programme dépend moins des déclarations politiques que de la sécurité réelle des soldats sur le terrain.

Le retour des habitants reste suspendu

Les habitants de Zoutr el-Gharbiyé ne peuvent pas encore rentrer librement. L’armée doit d’abord terminer ses inspections et confirmer que les routes sont praticables.

Les destructions rendent ce travail difficile. Des bâtiments peuvent s’effondrer, tandis que des engins non explosés peuvent rester cachés sous les gravats.

L’électricité, l’eau et les télécommunications doivent également être rétablies. Une présence militaire ne suffit pas à rendre le village habitable.

Les tirs israéliens ajoutent une incertitude supplémentaire. Les habitants peuvent difficilement considérer la zone comme sûre si l’armée nationale elle-même fait état de tirs à proximité de ses unités.

Le programme pilote devait associer sécurité, retour et reconstruction. Un déploiement bloqué ou limité retarde donc l’ensemble des autres étapes.

Les équipes municipales ne peuvent pas engager des travaux importants tant que les mouvements restent dangereux. Les entreprises et les organisations humanitaires ont également besoin de garanties.

Le retour dépendra surtout de la situation sur les routes reliant Zoutr el-Gharbiyé à Nabatiyeh et aux villages voisins. Tant que ces axes restent exposés aux forces israéliennes, les habitants risquent de ne pouvoir effectuer que des visites courtes.

Le premier indicateur de réussite ne sera donc pas la photographie de soldats libanais dans le village. Il sera le retour durable des familles et la réouverture des services.

Fron et Srifa également concernées

Les deux autres localités pilotes, Fron et Srifa, se trouvent dans une situation moins directement liée à un retrait israélien immédiat.

L’armée libanaise y dispose déjà de positions et mène des patrouilles. Les opérations annoncées doivent surtout renforcer son contrôle et permettre des inspections plus larges.

Fron compte environ 2 200 habitants et a subi des destructions considérables. Les autorités locales estiment que les dégâts atteignent environ 80 % du village.

Srifa, plus peuplée, compte près de 12 000 habitants. Plus de 300 logements y auraient été totalement détruits, tandis que la majorité des bâtiments ont subi des dommages.

Dans ces deux villages, la zone pilote doit maintenant montrer ce qu’elle apporte de plus par rapport à la présence déjà existante de l’armée.

Les habitants attendent des travaux de reconstruction, la remise en état des routes et des garanties contre de nouvelles frappes.

L’incident de Zoutr el-Gharbiyé peut affecter leur situation. Si le mécanisme est suspendu pour réexaminer les conditions de sécurité, les opérations à Fron et Srifa pourraient aussi ralentir.

Le programme repose sur un ensemble coordonné. Un blocage dans la localité la plus sensible risque donc de retarder les trois zones.

La question du Hezbollah reste centrale

L’accord prévoit que l’armée libanaise recherche et saisisse les armes détenues par les groupes non étatiques dans les zones pilotes.

Cette mission vise principalement le Hezbollah. Israël considère son désarmement comme une condition essentielle à tout retrait durable.

Le mouvement chiite rejette l’accord conclu avec Israël et conteste les négociations directes ou indirectes menées par le gouvernement libanais.

Cette opposition crée une autre source de tension. L’armée doit se déployer face à Israël tout en appliquant un mécanisme qui l’oblige à agir contre les infrastructures du Hezbollah.

L’incident de mardi risque d’affaiblir la position du gouvernement. Les opposants au programme peuvent soutenir qu’Israël exige le désarmement du Hezbollah tout en continuant à menacer l’armée libanaise.

Beyrouth doit donc montrer que les obligations sont réciproques. L’armée libanaise ne peut pas être la seule partie tenue de produire des résultats vérifiables.

Chaque retrait israélien doit être réel, complet dans le secteur concerné et accompagné d’un arrêt des tirs. À défaut, le gouvernement aura du mal à défendre le programme devant l’opinion publique.

L’incident renforce ainsi le lien entre la question des armes du Hezbollah et celle de l’occupation israélienne. Les deux dossiers restent imbriqués malgré la volonté américaine de les traiter par étapes.

Ce que l’incident change immédiatement

Le premier effet concerne la sécurité du déploiement. L’armée libanaise doit vérifier si ses unités peuvent poursuivre leurs mouvements sans nouveau tir.

Le deuxième concerne la coordination. Les médiateurs doivent convoquer les représentants militaires et reconstituer précisément le déroulement de l’incident.

Le troisième porte sur le calendrier. Tout retard à Zoutr el-Gharbiyé pourrait repousser l’entrée des équipes de déminage, puis le retour des habitants.

Le quatrième concerne les prochaines zones. Aucun nouveau transfert ne pourra être considéré comme sûr tant que les règles appliquées mardi n’auront pas été corrigées.

Le cinquième effet est politique. Le président Joseph Aoun dispose désormais d’un exemple concret pour demander à Washington de garantir le respect des engagements israéliens.

L’incident peut aussi modifier la perception du programme au Liban. Présentées comme une étape vers la souveraineté, les zones pilotes risquent d’apparaître comme des espaces où Israël conserve une capacité d’intervention.

La réaction américaine sera donc suivie avec attention. Un simple appel au calme ne répondrait pas aux inquiétudes de l’armée libanaise.

Washington devra déterminer si les tirs constituent une violation du mécanisme et quelles mesures seront prises pour empêcher leur répétition.

Un dispositif désormais jugé sur les faits

Le lancement des zones pilotes devait ouvrir une nouvelle phase au Liban-Sud. Dès la première journée, le mécanisme se trouve confronté à la question qu’il devait précisément résoudre : comment organiser un retrait israélien réel sans exposer l’armée libanaise ?

Zoutr el-Gharbiyé reste officiellement la première localité transférée. L’armée libanaise y a commencé son déploiement et ses opérations de sécurisation.

Mais les tirs israéliens montrent que le contrôle du secteur n’est pas encore pleinement établi. Une force étrangère reste capable d’intervenir à proximité des unités nationales.

Les prochaines heures devront permettre de savoir si l’incident est clos ou s’il entraîne une suspension du déploiement.

Le commandement libanais devra également préciser si ses soldats ont atteint toutes les positions prévues et si les équipes du génie peuvent poursuivre leurs inspections.

Les médiateurs devront annoncer les résultats de leur vérification. Sans réponse claire, les zones pilotes risquent de perdre leur crédibilité avant même leur extension.

Le premier test ne portera donc plus seulement sur le retrait israélien ou la recherche d’armes. Il portera sur la possibilité pour l’armée libanaise d’entrer dans un village libanais sans essuyer de tirs.

À Zoutr el-Gharbiyé, la suite immédiate dépend désormais de trois éléments concrets : la poursuite du déploiement, la sécurisation des routes et l’engagement israélien de ne plus ouvrir le feu à proximité des unités libanaises.

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