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Salamé-Hanna : la justice remonte les flux de Bank Audi

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L’État libanais a engagé lundi 10 août 2026 des poursuites contre Riad Salamé, ancien gouverneur de la Banque du Liban, et Samir Hanna, ancien président de Bank Audi, dans un dossier portant sur des soupçons de détournement de fonds de la banque centrale, d’enrichissement illicite, de blanchiment et de corruption. Selon une source judiciaire, les accusations concernent aussi la création de sociétés écrans et l’utilisation de fonds de la BDL pour acquérir frauduleusement des actions et des obligations de banques commerciales. La procédure découle d’une plainte déposée en janvier par le gouverneur Karim Souaid. La BDL se présente désormais comme victime d’un préjudice de plusieurs centaines de millions d’euros. Salamé, 76 ans, détenu depuis la fin juillet après avoir manqué une audience, est hospitalisé sous surveillance renforcée. Hanna, qui a quitté ses fonctions à Bank Audi, avait récemment versé une caution d’un million de dollars. La justice doit maintenant déterminer si des opérations menées entre la BDL, des sociétés offshore, des actionnaires et Bank Audi ont servi à détourner des ressources publiques au bénéfice d’intérêts privés.

La procédure ouverte lundi constitue une étape nouvelle, pas une condamnation. Riad Salamé nie depuis plusieurs années avoir détourné des fonds publics ou utilisé ses fonctions pour s’enrichir. Il affirme être devenu un bouc émissaire de l’effondrement financier commencé en 2019. Samir Hanna bénéficie également de la présomption d’innocence. L’instruction devra établir son rôle personnel dans chacune des opérations examinées et distinguer les transactions bancaires ordinaires des mécanismes éventuellement irréguliers.

La nouveauté tient surtout au rapprochement judiciaire de deux figures qui se trouvaient au sommet du même système. Salamé a dirigé la BDL de 1993 à juillet 2023. Hanna a dirigé pendant des décennies l’un des plus grands établissements du pays. La justice ne cherche donc plus seulement à reconstituer la fortune de l’ancien gouverneur. Elle examine désormais des opérations où le régulateur, Bank Audi, des sociétés offshore et de puissants investisseurs se retrouvent dans la même chaîne financière.

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La plainte de Karim Souaid place la BDL du côté des victimes

Karim Souaid avait annoncé en janvier le dépôt d’une plainte pénale après le réexamen d’opérations anciennes de la banque centrale. La BDL affirme aujourd’hui que plusieurs centaines de millions d’euros auraient été détournés sous l’ancienne direction avec l’aide de personnes appartenant à l’entourage professionnel de Salamé. Cette position marque une rupture avec les années précédentes. Pendant longtemps, les investigations les plus avancées étaient conduites à Paris, Genève, Luxembourg ou Munich. Désormais, l’institution libanaise elle-même réclame que les flux soient examinés comme un préjudice subi par elle.

La banque centrale veut aussi récupérer les sommes éventuellement détournées. C’est une différence majeure. Une condamnation pénale n’aurait qu’un effet limité si les actifs avaient disparu. Souaid cherche donc à utiliser les audits internes, les informations issues des procédures européennes et les archives de la BDL pour identifier les bénéficiaires effectifs, suivre les transferts et demander la restitution des fonds lorsqu’un lien peut être établi.

Cette démarche intervient alors que le Liban débat encore du partage des pertes bancaires. Si des ressources de la BDL ont effectivement été détournées, les récupérer devient une étape préalable à toute répartition du déficit entre l’État, les banques, leurs actionnaires et les déposants. Le montant de plusieurs centaines de millions d’euros reste faible par rapport aux dizaines de milliards de pertes du système, mais le principe est politiquement central.

Quatre sociétés offshore et un achat de titres Bank Audi

L’un des mécanismes désormais étudiés remonte à 2010. Selon les éléments apparus au cours des auditions de juin, l’enquête porte sur quatre sociétés constituées aux îles Caïmans. La première, Middle East Opportunities for Structured Finance, ou MOSF, aurait acheté environ 17 millions d’actions Bank Audi à EFG Hermes pour près de 153 millions de dollars. Le financement aurait été fourni par la Banque du Liban sous la forme d’un prêt.

Le dossier devient plus complexe dans les années suivantes. En 2012, une deuxième structure, Levant Finance 1, aurait repris l’instrument de dette lié à MOSF et la propriété des actions. En 2014, Levant Finance 2 aurait à son tour repris l’opération. Selon les informations issues de l’enquête, la dette et ses intérêts auraient finalement été remboursés à la BDL. Ce remboursement n’éteint cependant pas les questions judiciaires sur la légalité du financement initial, le bénéficiaire réel des sociétés et le rôle du régulateur.

La question centrale est simple : pourquoi une banque centrale a-t-elle financé une structure offshore pour permettre l’acquisition d’une participation importante dans une banque qu’elle supervisait ? La BDL dispose de pouvoirs étendus pour préserver la stabilité financière, mais le Code de la monnaie et du crédit encadre strictement les conditions dans lesquelles elle peut détenir ou financer des participations dans les banques. L’instruction doit déterminer si les sociétés offshore ont servi à contourner ces restrictions.

Samir Hanna est poursuivi parce que Bank Audi est au cœur du montage

Samir Hanna apparaît dans ce dossier parce qu’il dirigeait Bank Audi pendant l’opération et parce que la justice cherche à établir le rôle personnel de la direction de la banque dans le financement, les garanties et les transferts de titres. Il ne s’agit pas simplement de constater que Bank Audi entretenait une relation avec la BDL. Toutes les grandes banques du pays travaillaient quotidiennement avec la banque centrale. L’enquête vise des transactions particulières.

Une autre branche du dossier concerne des prêts accordés par Bank Audi à Najib et Taha Mikati au début des années 2010. Des informations judiciaires et plusieurs enquêtes indiquent que les deux frères auraient emprunté près de 300 millions de dollars, environ 150 millions chacun, pour acquérir des instruments ensuite utilisés dans l’achat de participations de Bank Audi. Les conditions de ces prêts et leur articulation avec les financements de la BDL font aujourd’hui partie des éléments examinés.

Le problème juridique potentiel tient au caractère circulaire du mécanisme. Une banque commerciale aurait financé des investisseurs pour leur permettre d’acheter ses propres actions, tandis que la banque centrale aurait parallèlement fourni des fonds à une structure offshore liée à l’acquisition d’autres titres Audi. Ce schéma ne prouve pas en lui-même une fraude. Il explique en revanche pourquoi les enquêteurs cherchent à savoir si Bank Audi, son ancien dirigeant et l’ancienne direction de la BDL coordonnaient des opérations qui auraient dû être traitées à distance les unes des autres.

Crossland ramène directement Riad Salamé dans le circuit

L’année 2016 constitue un autre point important. Une quatrième société, Crossland, apparaît alors dans le dossier. Selon les éléments rapportés lors de l’interrogatoire de Salamé, le bénéficiaire effectif de cette société aurait été l’ancien gouverneur. Crossland aurait détenu environ 14 millions de dollars en liquidités et près de 25 millions de dollars d’actions Bank Audi.

Les enquêteurs cherchent notamment à expliquer l’origine de ces actifs. Selon les déclarations recueillies, les fonds transférés à Crossland auraient été fournis par Najib Mikati et son frère Taha, qui auraient présenté ces paiements comme la rémunération de services de conseil. La justice doit déterminer quels services ont réellement été rendus, par qui, selon quels contrats et pourquoi les paiements aboutissaient à une société dont le bénéficiaire effectif est attribué à Salamé.

Le Liechtenstein avait déjà demandé au Liban des informations sur le transfert de quatre millions d’actions Bank Audi, évaluées à plus de 25 millions de dollars, vers Crossland. Cette demande internationale avait montré que les titres Audi apparaissaient dans les investigations sur le patrimoine et les structures liées à l’ancien gouverneur avant même la plainte de Karim Souaid.

La juxtaposition de ces opérations nourrit aujourd’hui les soupçons. Salamé était le régulateur de Bank Audi. Une structure attribuée à son bénéfice aurait détenu des actions de cette même banque. La justice doit donc établir si cette participation était légale, déclarée, financée par des ressources privées ou liée aux circuits contestés de la BDL.

Une autre opération relie Bank Audi à une société liée au fils de Salamé

Bank Audi avait déjà été citée dans une enquête internationale publiée en 2020 concernant Crossbridge Capital, une société de gestion de fortune basée à Londres. Des actions de Crossbridge étaient détenues par Crossland Assets Corp, une société enregistrée au Panama et liée à Riad Salamé. Son fils Nady Salamé avait travaillé chez Crossbridge et y détenait également des intérêts.

En 2016, Bank Audi a acquis des actions de Crossbridge détenues par Crossland. L’opération était légale selon les parties concernées, mais elle avait suscité des interrogations en raison du conflit d’intérêts potentiel : une banque régulée par Salamé achetait des titres à une structure liée à son patrimoine, dans une société où son fils avait des intérêts.

Cette transaction n’est pas automatiquement incluse dans les nouvelles poursuites du 10 août. Elle est néanmoins importante pour comprendre pourquoi la relation entre Bank Audi et l’environnement patrimonial de Salamé attire depuis plusieurs années l’attention des enquêteurs. Le problème n’est pas l’existence d’une relation commerciale isolée, mais la répétition de transactions où les fonctions publiques du gouverneur et ses intérêts privés présumés semblent se rapprocher.

Les documents de chaque opération devront être examinés séparément. Aucun dossier ne peut être utilisé pour présumer la culpabilité dans un autre. Mais la répétition de ces liens explique pourquoi les magistrats cherchent aujourd’hui à reconstruire la relation Salamé-Hanna sur une période beaucoup plus longue.

2016 : Bank Audi figure parmi les grands bénéficiaires des ingénieries financières

L’année 2016 correspond aussi aux « ingénieries financières » mises en place par Riad Salamé pour attirer des dollars frais vers la BDL. Les banques commerciales apportaient des devises à la banque centrale et recevaient en contrepartie des instruments offrant des rendements extrêmement élevés. Ces opérations étaient officielles et leur existence ne constitue pas une infraction.

Bank Audi en a toutefois été l’un des principaux bénéficiaires. Des enquêtes fondées sur des données de la Commission de contrôle des banques ont estimé son avantage à environ 1,6 milliard de dollars pour l’année 2016. Ce chiffre doit être compris comme un résultat lié aux mécanismes financiers de la BDL, pas comme un montant détourné ou versé illégalement.

La distinction est essentielle, mais le contexte pose une question de gouvernance. Au moment où la BDL accordait à Bank Audi des conditions très avantageuses pour attirer ses devises, l’environnement privé de Salamé entretenait également des relations financières avec des titres et des sociétés liés à la banque. La justice doit établir si ces deux niveaux étaient strictement séparés.

La banque centrale était en même temps le régulateur, l’une des principales contreparties financières de Bank Audi et l’architecte d’opérations capables d’influencer fortement ses bénéfices. Cette concentration des relations réduisait la distance normalement attendue entre superviseur et établissement supervisé.

Des dividendes versés alors que l’exposition à la BDL augmentait

Les ingénieries financières ont renforcé les bénéfices des banques à court terme, mais elles ont aussi augmenté leur exposition à la BDL. Bank Audi figurait parmi les établissements qui détenaient des créances considérables sur la banque centrale. Lorsque le système a cessé d’attirer suffisamment de nouveaux dollars, cette exposition est devenue l’une des principales sources des pertes bancaires.

Des enquêtes publiées depuis la crise ont également examiné les dividendes distribués par Bank Audi pendant les dernières années avant 2019. Elles indiquent notamment que plusieurs centaines de millions de dollars ont été distribués aux actionnaires peu avant l’effondrement. Parmi les grands actionnaires figuraient des familles et responsables fortement liés à la vie politique et financière libanaise.

La distribution de dividendes par une banque rentable n’est pas illégale en soi. Le débat porte sur la qualité des bénéfices utilisés pour les financer et sur le niveau de risque que la banque avait déjà accumulé vis-à-vis de la BDL. Si des profits étaient largement issus de mécanismes exceptionnels de la banque centrale, la question devient de savoir si les actionnaires ont pu retirer des gains alors que les risques futurs restaient dans le bilan.

Cette question intéresse aujourd’hui directement la réforme bancaire. Les déposants demandent que les anciens actionnaires absorbent une partie substantielle des pertes avant toute contribution de l’État ou des clients. Les relations entre Salamé et les grandes banques deviennent donc un élément du débat sur la hiérarchie des responsabilités.

La filiale suisse de Bank Audi a déjà été sanctionnée

Bank Audi a aussi connu des problèmes réglementaires liés à la prévention du blanchiment. En mars 2024, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers, la FINMA, a constaté de graves manquements de Banque Audi Suisse à ses obligations anti-blanchiment. Le régulateur a ordonné la restitution d’environ 3,9 millions de francs suisses de profits et imposé un supplément de fonds propres de 19 millions de francs.

La FINMA avait relevé des insuffisances dans le traitement de relations à haut risque et de personnes politiquement exposées. Elle avait aussi reproché à la banque de ne pas avoir correctement déclaré certaines opérations suspectes. Banque Audi Suisse avait coopéré avec l’enquête et mis en œuvre des mesures correctrices.

Cette sanction ne constitue pas une condamnation de Samir Hanna dans le dossier actuel. Elle ne permet pas non plus de conclure que les transactions examinées en Suisse correspondent au montage visé par la plainte de Souaid. Elle montre néanmoins que la filiale d’un groupe central dans le système Salamé avait déjà fait l’objet d’une décision officielle pour défaillances sérieuses dans son dispositif de lutte contre le blanchiment.

Pour les enquêteurs libanais, ce précédent renforce l’intérêt de reconstruire les flux internationaux, notamment lorsque des bénéficiaires sont des personnes politiquement exposées ou des structures offshore.

Forry constitue le précédent majeur autour des commissions

Le nouveau dossier doit être distingué de l’affaire Forry, mais les deux enquêtes se croisent par leur méthode. Forry Associates, société contrôlée par Raja Salamé, frère de l’ancien gouverneur, aurait reçu plus de 300 millions de dollars de commissions entre 2002 et 2015 sur des opérations réalisées par la Banque du Liban avec les banques commerciales.

Les frères Salamé ont toujours soutenu que ces commissions découlaient d’un contrat légal et n’étaient pas prélevées sur des fonds publics. Les enquêteurs européens soupçonnent au contraire qu’une partie de l’argent a été détournée puis blanchie à travers des comptes et des acquisitions immobilières.

Les contrats examinés par des procureurs européens ont montré que certaines commissions étaient versées sans que les banques commerciales sachent nécessairement qui en était le bénéficiaire ultime. Des poursuites ont depuis été engagées dans plusieurs pays et la France maintient un mandat d’arrêt contre Riad Salamé depuis mai 2023.

L’affaire Forry a surtout démontré qu’il était possible de suivre les flux pendant des années et d’identifier les intermédiaires financiers. C’est cette méthode que la nouvelle direction de la BDL cherche désormais à appliquer à ses propres dossiers, y compris aux opérations impliquant Bank Audi.

Souaid demande maintenant des comptes à tout le secteur bancaire

La procédure contre Salamé et Hanna ne semble pas constituer une initiative isolée. En janvier, Karim Souaid a demandé à l’Association des banques du Liban de coordonner la transmission de données sur les commissions liées aux opérations de financement et de gestion de la dette réalisées entre la BDL et les établissements commerciaux entre 2005 et 2019.

Cette demande couvre une période très large. Elle englobe les années où la dette publique s’est accumulée, les mécanismes de financement de la BDL et les ingénieries financières de 2016. L’objectif est de déterminer quels montants ont été versés à chaque établissement, selon quelles conditions et avec quels intermédiaires.

L’enquête ne signifie pas que toutes les banques ont commis des infractions. Les établissements peuvent légitimement percevoir des intérêts ou des commissions sur des transactions autorisées. La question est de repérer les opérations qui sortent des pratiques normales, notamment lorsque des sociétés liées à des responsables publics ou privés apparaissent dans le circuit.

Le dossier Salamé-Hanna devient ainsi le premier grand test de cette nouvelle politique. Si la justice parvient à documenter précisément les décisions et les bénéficiaires, d’autres transactions pourront être examinées selon la même méthode.

La question n’est plus seulement « qui a fait perdre l’argent ? »

Pendant plusieurs années, le débat libanais sur la crise bancaire a été dominé par une confrontation comptable. Les banques accusaient l’État d’avoir dépensé au-delà de ses moyens et la BDL d’avoir absorbé leurs dépôts. Les responsables politiques renvoyaient vers Salamé. Les déposants constataient que leurs comptes restaient bloqués sans qu’une hiérarchie claire des responsabilités ne soit établie.

Les nouvelles poursuites déplacent partiellement cette discussion. Il ne s’agit plus seulement de savoir quelles politiques ont créé les pertes, mais si certaines ressources ont été détournées ou utilisées pour enrichir des personnes privées. Une erreur de politique monétaire et un détournement pénal ne relèvent pas du même registre.

Cette distinction est essentielle pour Bank Audi. La banque peut défendre sa participation aux politiques de la BDL en affirmant qu’elle respectait le cadre établi par le régulateur. Elle doit en revanche répondre séparément aux questions portant sur les prêts, les actions, les sociétés offshore ou les transactions où son ancien dirigeant aurait été personnellement impliqué.

La justice devra donc éviter les amalgames tout en examinant l’ensemble des relations pertinentes. C’est précisément parce que Salamé et Hanna occupaient des positions institutionnelles aussi puissantes que chaque transaction doit être documentée avec davantage de rigueur.

La prochaine étape doit préciser ce qui est imputé à chacun

La décision du 10 août ouvre désormais une phase où les responsabilités doivent être individualisées. Le juge a demandé un mandat d’arrêt contre Riad Salamé. Pour Samir Hanna, le parquet doit être consulté après son interrogatoire, alors qu’il a déjà versé une caution d’un million de dollars. Le dossier est transmis à un autre magistrat pour la poursuite de l’enquête.

Les prochains actes judiciaires devront préciser quelles sociétés sont retenues dans l’accusation, quelles transactions sont considérées comme frauduleuses et quel montant exact est attribué à chaque opération. Ils devront surtout expliquer le rôle imputé à Hanna au-delà de sa fonction de dirigeant de Bank Audi.

Pour Salamé, l’enjeu sera de répondre au rapprochement entre ses fonctions de gouverneur, les financements de la BDL et les sociétés dont il est présenté comme bénéficiaire. Pour Hanna, l’enquête devra établir s’il a seulement dirigé la banque concernée par les titres ou s’il a personnellement participé à des mécanismes contestés.

C’est sur cette distinction que se jouera la solidité du dossier. Après des années d’enquêtes dispersées entre le Liban et l’Europe, la procédure engagée par la BDL oblige désormais la justice libanaise à mettre des noms, des dates, des sociétés et des montants précis sur les relations financières entre Riad Salamé et Samir Hanna.

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